Chapeau Péruvien

Clotilde Vaissaire, portrait d’une femme indépendante

In Les trucs de Geeks de Chapeau Péruvien on septembre 16, 2009 at 11:01

Clotilde Vaissaire, 42 ans, est un genre de superwoman. Maman de trois  enfants, elle a créé sa propre société, il y a 10 ans. Comme toutes les mamans qui travaillent, elle doit jongler au quotidien entre vie de femme, vie de famille et vie professionnelle. Rencontre avec une femme qui vit avec son temps.

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Passionnée et passionnante, tels sont les deux adjectifs qui décrivent le mieux la personnalité de Clotilde Vaissaire. Passionnée par sa famille, par son métier, par la littérature et par les nouvelles technologies, Clotilde est attachante quand elle en parle. Tant de centres d’intérêt qu’elle aurait peut-être du mal à combiner si elle n’était pas travailleuse indépendante…

À la naissance de son troisième enfant, Clotilde prend un congé maternité et démissionne de son poste de l’époque. Elle se rend vite compte que le métier de femme au foyer n’est pas pour elle. Après 10 ans d’une vie salariale intense, le monde du travail manque à Clotilde. Durant un an et demi d’arrêt professionnel, elle mûrit son projet de création. C’est de plus en plus clair dans son esprit : elle va créer sa propre entreprise. Elle décide quand même de chercher du travail. On lui offre trois postes qu’elle décline. Elle explique au directeur à qui elle vient de refuser le dernier poste qu’elle a envie de se lancer seule. Une heure après, il la rappelle et lui propose d’être son premier client. C’était en novembre 1999. Dans un sourire ravi, Clotilde explique qu’elle fêtera en novembre prochain “10 ans d’action et de passion ininterrompues”. Mais quels sont ses secrets pour tout assumer ? Et à quoi peut bien ressembler une journée type de la vie d’une femme comme Clotilde Vaissaire ?

“Tout l’intérêt de mon métier c’est justement qu’il n’y a pas de journée type !” répond Clotilde. De cette façon, elle n’est jamais dans la routine. “Le seul point commun à toutes mes journées c’est de concilier à la fois vie professionnelle, vie associative, vie de maman et vie de femme, en jonglant avec des emplois du temps toujours différents”.
Si elle n’est pas en déplacement, Clotilde se lève entre 6 h et 7 h du matin. Après le réveil des enfants, le petit-déjeuner et la douche, la journée professionnelle peut commencer.
Répondre aux mails arrivés dans la soirée et dans la nuit, c’est le premier geste de Clotilde lorsqu’elle allume son PC. Tout le début de matinée est consacré au courrier électronique et aux coups de téléphone, puis c’est le moment de se plonger dans les dossiers. “Je travaille soit pour des organisations publiques comme le Louvre, soit pour des organisations privées. Ma fonction ? La formation, le conseil, la stratégie documentaire et stratégie de diffusion, l’accompagnement et le développement des structures, la réalisation de produits documentaires”. Chaque jour, Clotilde aide des organismes à perfectionner, professionnaliser et à renforcer leurs services et offres documentaires.

Elle est indépendante dans l’âme

Mais indépendante ne rime pas forcément avec solitaire : depuis quelques années, Clotilde a une fidèle collaboratrice, Françoise, une autre indépendante. À force de la fréquenter, elle est aussi devenue sa meilleure amie. “Françoise m’évite vraiment l’aspect solitude du métier”. On pourrait alors se demander pourquoi elle a préféré le travail en indépendante au salariat. Elle explique, naturellement, que son mauvais caractère lui a rendu le monde du salariat beaucoup trop rigide. Elle ajoute également qu’elle a toujours aimé changer de structure, de fonction et de client.  “Tout cela est arrivé à un moment où j’avais besoin d’indépendance et aussi d’une structure plus souple pour assumer pleinement ma vie de famille.”
Clotilde ne perd pas une minute : à midi, c’est déjeuner en ville ! “Environ deux midis sur trois sont consacrés à mon réseau : je déjeune avec des collègues ou des clients. Mais il m’arrive aussi de voir mes copines : c’est important !”

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Elle est geek mais pas trop

L’après-midi, Clotilde retourne à ses dossiers et ne s’arrête qu’au retour de ses enfants, vers 17h. “Je supervise un peu les devoirs mais maintenant qu’ils sont grands, c’est plus facile ! Il y a aussi les déplacements à gérer. Dans ma rue, nous sommes 4 familles à avoir 4 filles dans la même classe : pratique pour optimiser les déplacements ! Ça ne fait qu’un à deux aller-retour par semaine et par famille. Tous les week-end, j’envoie le planning de la semaine aux autres parents. J’ai aussi créé un agenda partagé, c’est la déformation professionnelle !”. Se considère-t-elle comme une vraie geek ? “Petite, je pensais que dans les années 2000, je serais chauffeur de cargo intergalactique, comme dans Alien ! En 1992, je surveillais déjà internet et on me parlait déjà d’hypertexte avant que j’aie eu l’occasion de les tester !  Malgré tout cela, à la réflexion, je ne pense pas être une geek. Les geeks ont la passion de l’objet alors que moi, ce sont les usages et pratiques qui m’intéressent. Tous ces outils de nomadisme, qui facilitent le quotidien sont vraiment passionnants. Je trouve ça formidable de vivre à cette époque, dans laquelle il faut sans cesse se remettre en question. Certaines personnes ont peur du changement. Pour moi, c’est le contraire : m’adapter est un réel plaisir”.

À partir de 18h30, Clotilde s’accorde environ une heure et demi devant son PC : “je me tiens au courant des mises à jour des blogs que je suis grâce à mon agrégateur de flux RSS, je consulte mon twitter, la veille professionnelle et je mets éventuellement à jour Klog, mon blog professionnel”.

Elle est organisée

Vers 20h, c’est le dîner. Lorsque je lui demande ses secrets pour assumer son rôle de superwoman, Clotilde s’esclaffe. “Je n’essaye pas d’en être une, justement ! Comme ça, je ne culpabilise pas quand je n’y arrive pas. Plus sérieusement, pour assumer tout le quotidien, je conseille beaucoup d’organisation et de confiance. J’utilise le service agenda de Google, je fais mes courses sur internet, j’ai une femme de ménage, des enfants autonomes… J’avoue que la grande partie de la gestion du quotidien est déléguée”.

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Elle aime le livre, sous toutes ses formes

Après le dîner, le programme varie selon les journées : “C’est soit soirée détente, soit soirée boulot, soit soirée réseau”. Quand c’est soirée détente, Clotilde se plonge dans son plus grand loisir : la lecture. “Je lis un à deux livres par semaine. J’ai fait faire deux bibliothèques sur mesure chez moi et je n’ai déjà plus de place ! J’ai environ 2000 livres papier. J’ai aussi le reader, que j’aime beaucoup. » Mais ne serait-ce pas un peu contradictoire d’aimer à la fois le livre papier et son concurrent et/ou successeur, le reader ? “Pas du tout !” s’exclame Clotilde. “Aimer et utiliser les deux, c’est possible et ça a des avantages : on peut garder un esprit critique vis à vis des nouvelles technologies tout en acceptant l’évolution inéluctable. Je trouve ça génial et terriblement pratique de pouvoir télécharger plein de livres pour les trimballer dans ma poche ! Et quel plaisir intellectuel d’avoir mes auteurs préférés sous la main : mes pièces préférées de Racine, un peu de Flaubert ou de Virginia Woolf…” Clotilde l’assume, elle a deux amours. “Contrairement à ce qu’on dit, ce n’est pas du tout fatigant de lire sur le reader. J’ai même essayé de tourner la page une fois, comme sur un livre papier ! C’est bien la preuve que c’est le contenu qui prime. Et puis l’offre de livres électroniques commence à se développer, notamment sur des sites internet comme Numilog. J’ai environ 50 livres électroniques dans mon reader”. Et que pense Clotilde de la suite des évolutions entre papier et édition numérique ? “Je pense que nous sommes à l’aube d’un bouleversement très important. On confond encore trop support et contenu. Par exemple, le reader est assurément un support provisoire : il ressemble encore bien trop au livre papier ! Je pense très sincèrement que l’avenir de l’édition numérique est dans la déstructuration du contenu”.

Être une jeune maman moderne, confier les tracas du quotidien aux nouvelles technologies, lire sur un reader, créer sa propre société : à l’écouter, on en crève de ressembler à Clotilde.  Mais ce qu’on lui envie surtout, c’est ce mélange de sérieux et de légèreté avec lesquels elle prend notre époque, bouleversante et bouleversée. C’est sûr, Clotilde aurait été parfaite en driver de cargo intergalactique. Mais les pieds sur terre et la tête dans les écrans, vraiment, ça lui va comme un gant.

CLOTILDE SUR LE WEB

• Son blog professionnel : Klog

• Son twitter : CloKlog

• Son site “plaquette” : cf2id

• Les blogs qu’elle partage avec Françoise :
cf2id.over-blog.com
prodocelec.jimdo.com

• Le blog des Femmes chef d’entreprise de
Normandie dont elle est la webmastrice : FCE76

Cet article a été réalisé dans le cadre du concours « Deviens journaliste : ton reportage à la une » et a été classé parmi « les meilleurs reportages de la catégorie étudiants ». Merci pour le stylo plume Waterman, je m’en sers tous les jours ! Et surtout merci Clotilde pour ta patience et ta générosité.
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  1. bravo pour l’article, la seule chose qui ne va pas bien dans sa vie c’est qu’elle a un PC !!!!!!!

  2. Alors elle fait vraiment cet effet là à tout le monde Clotilde : elle fait rêver. Dommage qu’on ne me pose plus la question « Tu veux faire quoi plus tard ma petite  » (Bah oui, je suis trop grande maintenant!!) parce que si j’avais su, j’aurai répondu « Une Clotilde Vaissaire »!!!
    Super article, merci.

  3. ouah!
    c’est clair je veut etre a sa place quoi!
    Etre dans les livres,etre son propre patron,etre une personne formidable,bonne maman,etc
    ouahou!!!!
    super article en éffet et je suis heurese d’avoir d’ecouvert cette personne grace a toi marie!
    maintenan je croit que je vais flaner un peut sur les lien que ta donner!^^

  4. Petit coucou sur ton blog, Marie !
    Merci pour cet article, que je souhaiterais toutefois compléter très vite : Clotilde est certes passionnée, mais (pour avoir eu la chance d’assister à ses cours) aussi passionnante, ses élèves ont de la chance.
    A l’instar de Justine, j’aimerais « plus tard » ressembler à Clotilde, ce serait une vraie réussite.

    Jo a ses idoles, et il l’assume !

  5. Tout à fait d’accord avec Jo, Clotilde sait donner le « goût à la veille » quand elle enseigne.
    En tout cas, que de distinctions en ce moment, interview d’Aref sur Demain la Veille, portrait très complet sur ce blog, félicitations !

  6. très intéressant ton article ! une femme passionnante mais qui me fait un peu peur comme les extra terrestres !
    tout gérer au quotidien c’est pas humain !
    bises

  7. moi je cofime lol

  8. […] document a été réalisé par Clotilde Vaissaire, qui parallèlement à sa société, donne des cours sur le Web 2.0 à l’IRTD. J’ai […]

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